Mon Haricot 1 a 3,5 ans. Elle n’a jamais sucé son pouce mais a rapidement adopté une, puis deux tutes pour dormir. Oui, je sais tout ce qu’on dit sur les tétines mais si on en accepte une, la deuxième ne fera pas plus de dégâts. Par contre, elle doublera les chances de son propriétaire de retrouver l’une ou l’autre en cas de perte nocturne… et donc les chances des parents de ne pas avoir à se lancer dans des fouilles archéologiques au milieu de la nuit. Ce qui est très appréciable. Vous me suivez?

Bref, l’habitude était bien ancrée, tant de nuit que de jour d’ailleurs, même si l’usage diurne allait en diminuant, au vu de l’interdiction des (mau)dites tutes à l’école.

Après une première visite chez la dentiste qui avait sensibilisé – sans alarmer – Haricot 1 aux maléfices irréversibles de la tute, Homme et moi avions envisagé qu’elle en fasse don à Saint Nicolas en décembre dernier. Mais comme elle avait « reçu » un petit frère – tute addict, lui aussi – quelques mois auparavant, nous avions postposé la manoeuvre.

N’ayant jamais entendu dire que les cloches ou les lapins de Pâques récoltaient les tutes, nous avions conclu un deal avec Haricot 1 qui se composait de l’optimiste package suivant: « Plus de tutes ni de couches quand on partira en vacances avec les copains » (comprenez, durant l’été, vacances en bande de parents-copains munis d’enfants-copains de  tous âges, un peu comme un trip au Club Med… mais sans les G.O.).

Puis vint la visite médicale et son bilan. Homme et moi n’avons jamais su si le médecin ou l’infirmière avait abordé la question; toujours est-il que, à peine avais-je fini de lire et expliquer à Haricot 1 son bilan « Bon état général ce jour, vaccinations en ordre, malposition dentaire à surveiller » que le déclic se produisit.

Après le bain, Haricot 1 décréta qu’elle allait regarder un dvd sans sa tute. Gloups! Allongée sur le canapé en fin de journée sans sa tute? J’aurais déjà remercié le staff médical si ça s’était arrêté là.

Mais l’heure du coucher me cueillit encore plus: « Je vais dormir sans mes tutes, Maman »! Homme étant en déplacement professionnel, je pris peur en entrevoyant la nuit horrible que j’allais subir seule, occupée à essayer de combler le manque,  en tentant de la sevrer à l’aide de berceuses et autres ersatz et je m’exclamai: « Tu en es sûre, mon cœur??? ». Oui, je sais, c’est honteux mais pas la peine de culpabiliser car, oui, elle en était sûre.

Prise de cours, je n’ai pas eu le temps d’instaurer un rituel-type « Tu vas les mettre toi-même à la poubelle, comme une grande » et je les ai posées sur le meuble haut (inaccessible à Haricot 1 mais pas de beaucoup) du couloir. J’ai administré les câlins du soir, dit « Bonne nuit », fermé la porte de la chambre comme d’habitude et… attendu, anxieuse, qu’elle me rappelle.

Rien. Ni tout de suite, ni plus tard dans la soirée. Ni dans la nuit. R.I.E.N.

Le lendemain au réveil, je lui ai fait une fête du tonnerre, lui expliquant combien je débordais de fierté et à quel point ça voulait dire qu’elle était grande… Vous aurez du mal à le croire mais il lui a fallu un temps avant de comprendre pourquoi je la félicitais! J’ai recontextualisé et elle m’a répondu: « Ah oui, pour ça? Mais c’était même pas dur de dormir sans tute! »

Et depuis, hors crise diurne grave qui nécessite surtout l’application d’un bouchon (usage secondaire mais ô combien salutaire de la tétine!), elles restent où elles sont, vestiges d’un temps absolument pas si lointain où le réflexe de succion taraudait mon petit-grand Haricot.

A suivre …

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